Kulturindustry - Le blogue vers les communications de groupe et de masse
Moi c'est jül. Je suis étudiant au bacc. en multimédia, et ça, c'est mon blogue sur tout ce qui va se passer cette session-ci. Je suis un fana de communications, donc il y a de très bonnes chances que j'en parles ici. Et en plus d'être étudiant, je bosse un peu dans le domaine, donc j'ai en masse mes opinions sur le sujet. À vous de déterminer si elles sont valables ou non...
Message d’intérêt plus ou moins public, nécessitant d’être publié et lu MAINTENANT!
Suite aux derniers mois qui ont été plus que mouvementés dans le milieu universitaire et sur la toile, jül, principal membre (et actionnaire?) du blogue Kulturindustry, a finalement décidé aujourd’hui, 21 décembre 2007, de mettre fin à ses activités et ainsi, cesser tout ajout sur son site pour une période indéterminée.
“J’étais vraiment écoeuré, c’était rendu que j’avais plus de vie! J’allais à l’école, je revenais à la maison et tout de suite, je me plantait devant mon ordinateur” nous a raconté le blogueur dans une conférence de presse tenue il y a quelques minutes. Selon lui, son appareil serait devenu une sorte d’extension à lui-même, le coupant ainsi de plusieurs contacts sociaux et extérieurs.
jül est triste! Du moins, c’est ce que démontre cette photo prise lors de notre entrevue.
Il souhaite prendre des vacances
Toujours dans le même rendez-vous, il nous a confié qu’il voulait prendre au moins le temps de ses vacances universitaires pour réfléchir sur l’importance de son site, et si oui ou non, il reprendra le flambeau en janvier 2008.
“Je ne sais pas trop. Je suis vraiment épuisé, mais dans le fond, j’ai vraiment le goût de me remettre à écrire. Peut-être que je ferai quelques autres articles à mon retour de vacances.”
Son blogue, qui à pris des proportions moins que gigantesques au cours des derniers mois, est maintenant arrêté. jül nous a toutefois spécifier qu’il n’était pas à vendre, et que QUEBECOR et COGECO pouvaient aller se rhabiller.
À la fin de son entrevue, jül nous a demander de souhaiter de joyeuses fêtes à tous ces lecteurs, et il espère tous les revoir à son retour à l’école le 7 janvier prochain.
Mardi, en fin d’après-midi, ma télé est restée allumée sur la chaîne TQS après avoir écouté Les Simpsons. Replongé devant mon ordinateur, je ne m’en occupais plus trop, alors que j’aperçu du coin de l’oeil un Jean-Luc Mongrain complétement démoralisé, gueulant avec moins d’ardeur qu’il le faisait d’habitude.
Dans la journée, COGEGO et CTVglobemedia, les deux actionnaires principaux du réseau, ont finalement annoncé qu’après un an et demi de tentatives de vendre TQS, ils abandonnaient la bataille et plaçaient le diffuseur sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.
Il faut dire que les cotes d’écoute de TQS étaient en constante diminution au cours des dernières années. C’est quand même dommage pour une station généraliste qui existe depuis 1982. S’il nous auraient offert du Loft Story 24h sur 24, peut-être n’en seraient-ils par arrivés là… Désolé du sarcasme.
Je dois vous avouer que même si je crois que TQS représente un foutoir dans la grille des chaînes que nous offre les distributeurs, j’ai quand même ressenti une part de compassion pour ces artisans de la télévision québécoise. Depuis mardi soir, je me suis mis à écouter leurs bulletins télévisés pour voir l’impact que cela avait sur eux. J’ai ainsi remarqué leur esprit d’équipe et de répartie face à une situation plus que difficile. Les employés de TQS se sont montrés comme une vraie famille, et cela m’a beaucoup rappellé la période à laquelle j’ai moi-même travaillé dans une station télé, et les liens qui se dévellopent entre tous ces gens qui s’efforcent à vous présenter chaque jour un produit de qualité. J’ai été vraiment touché…du moins, jusqu’au mercredi soir.
Peut-être c’est dû à mon âge, ou à mon manque d’expérience, mais selon moi, la pûreté et l’authenticité d’une chaîne de média demeure dans son apport à elle-même, dans le travail acharné à faire évoluer et progresser son produit, et non en le comparant et en blâmant celui du compétiteur. J’ai ressenti cette pensée chez les gens de TQS en les regardant mardi soir et mercredi dans la journée, mais rendu au Grand Journal de 17 heures, j’ai ressenti autre chose. On a alors présenté les propos sur le sujet de Gérard Deltell, un des plus anciens journalistes de la chaîne.
Après deux minutes de sympathie et de démonstration de la fraternité des membres de TQS-Québec, il s’est ensuite embarqué dans une bravade contre la chaîne Radio-Canada. Il a répété de manière plus émotive les propos qu’avaient tenus COGEGO la veille dans sa conférence de presse, comme quoi la SRC était un des plus grands responsables dans la décision prise par les deux grandes sociétés puisque dans les dernières années, celle-ci se serait détachée de ses mandats de chaîne d’état pour se comporter davantage comme un acteur commercial, et ainsi, jouer dans les plates-bandes de TQS. C’est à se moment que la belle bulle que je m’étais soufflée autour de TQS s’est viollement pêtée, et que la réalité est remontér à la surface.
Le statut de société d’état de Radio-Canada lui confère un pouvoir qui n’est pas toujours évident. En effet, puisque tous les Québécois subventionnent ce réseau, celui-ci doit présenter un produit de qualité et non-influencé par les facteurs économiques et commerciaux comme le sont la majorité des autres chaînes. Dans cette optique, je trouve cela en effet navrant que la SRC deviennent tranquillement une plateforme aisée pour les publicitaires.
Mais si justement tous les Québécois procurent les 900 millions de budget annuel auxquels Radio-Canada touche, ne serait-il pas acceptable qu’ils aient droit aux émissions qu’ils veulent? Si certains programmes attirent la faveur du public sur d’autres chaînes, ne serait-ce pas normal que la société d’état tente également d’offrir ces produits et ainsi, combler ses financiers? La question est litigée, puisqu’elle valse entre nos valeurs et notre gros bon sens.
Mais n’oublions pas que si l’on considère de vol le fait que Radio-Canada emploie, par exemple, une formule semblable à l’émission 110% de TQS dans son programme sportif de fin de soirée, ces derniers n’ont pas un meilleur jeu. Que ce soit Loft Story ou la majorité de leurs sitcoms, ce sont tous des concepts empruntés aux États-Unis ou à la France. Et TVA eux? Lorsqu’ils n’achètent pas directement des émissions américaines comme The Biggest Loser ou America’s Got Talent, ils ne font que reproduire complétement leurs produits (Le Banquier).
Donc si c’est acceptable pour TVA et TQS, pourquoi cela ne l’est pas pour SRC? Parce qu’ils sont une société d’état? Parce qu’un tel statut les empêche d’être populaires et d’emparer une part du marché de la publicité? Eh ne l’oublions pas, la publicité! COGECO blâme aussi Radio-Canada d’engloutir les revenus publicitaires de TQS, alors qu’elle ne devrait même pas se lier à ce produit. Pourquoi pas? Pourquoi les compagnies n’auraient pas le droit d’afficher chez la SRC, alors que la chaîne est de plus en plus populaire? Ahhhh….
Comme je l’ai dit précédemment, le statut de société d’état de Radio-Canada fait qu’on la pointe souvent du doigt. Son mandat réel, tel qui devrait l’être, soit de fournir aux Québécois les émissions qu’ils demandent puisque ce sont eux qui paient pour le service, est baffoué pour des raisons monétaires et publicitaires. Elle a donc une belle manoeuvre, avec son quasi-milliard de budget annuel, mais de part et d’autre, elle demeure quand même sous le champ de tir de ses compétiteurs. Devrions-nous supprimer toutes les télévisions généralistes du Québec mis à part celle pour laquelle nous payons, ou au contraire, devrions nous arrêter de payer pour Radio-Canada et ainsi, qu’elle devienne privée comme TQS et TVA? Qu’en pensez-vous?
Au delà de cette dénonciation que je viens de faire, mon rationnel revient quand même finalement à la condition actuelle de TQS, dans la situation dramatique dans laquelle elle se retrouve. Même si le produit ne me plaît pas du tout, il est quand même démontré qu’il répond aux attentes d’un plus grand nombre de gens que ce que certaines chaînes spécialisées réussissent à attirer. Je suis pour la liberté d’expression, pour le devoir plus que plaisant de satisfaire à une population dans la quête d’un média. J’espère de tout coeur que la situation de TQS se réglera, que de nouveaux actionnaires rachèterons la boîte pour qu’ils poursuivent à répondre aux attentes de milliers de personnes, et ainsi, qu’ils continuent à se faire rentrer dedans par des plus gros qu’eux.
TQS, du plus profond de mon être, je vous aime! Joyeux Noël à vous tous!
Je reviens à peine du cinoche, où j’ai accompagné ma meilleure copine de longue date que je n’avais pas vu depuis un sapré bout. Je ne sais pas vraiment si c’est en raison du temps des fêtes, ou si c’est parce qu’ici, dans ma ville X, nous avons un cinéma de merde, mais les films qui nous étaient proposés manquaient sérieusement de punch. Il y avait, entre autres, un truc de Noël ridicule, deux films inconnus semblant être à saveur “thrillodramatique” hollywoodienne, un autre long métrage 3D inspiré d’une histoire de vampires, ou une autre connerie du genre… Nous avons donc pris le cinquième choix, The Golden Compass, de Chris Weitz, présentant entre autres Nicole Kidman dans un rôle de “pas fine”, le couple 007 Daniel Craig - Eva Green, puis Dakota Blue Richards, une petite nouvelle dont le prénom lui assure une popularité grandiose à Hollywood…
(En passant, je suis de bonne humeur, rassurez-vous!)
Contrairement au trois quarts des gens qui ont vu le film et qui ont chialé, j’ai bien apprécié The Golden Compass, avec ses effets visuels époustouflants, le fabuleux jeu de ses acteurs et sa scénographie incroyable. Mais cela demeure tout de même dans le domaine du superficiel ; ce qui fait que je considère le film de bien plutôt que d’extraordinaire, ce sont les plusieurs lacunes au plan scénaristique. Et on entre ici dans une des problématiques majeures de la reprise de romans au cinéma.
Je me rappelle de lorsque j’ai lu le premier tôme d’À la croisée des mondes. J’avais quatorze ans, et j’étais en plein dans les débuts de la frénésie Harry Potter et Le Seigneur des anneaux. Ce premier m’emmerdait un petit peu trop, vu son côté un peu enfantin (à quatorze ans, j’étais “full” mature), tandis que ce deuxième m’avait plutôt découragé de la lecture après avoir passé à travers 300 douloureuses pages de descriptions. Un libraire m’avait alors conseillé Les Royaumes du Nord, début de la trilogie de Phillip Pullman : cela a été sans aucun doute l’une des meilleures oeuvres fantastiques que j’ai pu lire.
Mais pour revenir au film, je dois avouer que l’adaptation m’a semblé assez ratée. Si le livre est écrit pour répondre à un public entre la jeunesse et “l’adolescence avancée”, The Golden Compass saute plutôt d’un extrème à l’autre. On sent que le scénariste à voulu transmettre le roman d’une manière plus familiale, alors que le réalisateur et les concepteurs 3D se sont donnés à coeur joie dans des scènes d’actions destinées à un public plus vieux. Aussi, la condensation de l’histoire en à peine deux heures requiert une concentration assez forte, et finit donc par ne pas vraiment plaire aux enfants.
Si on m’aurait demandé au début de la session pourquoi l’adaptation a-t-elle été faite ainsi, j’aurais probablement répondu que cela illustre un point de vue personnel de l’oeuvre, qu’aucun cinéaste n’aurait reprit le roman de la même façon… Mais avec la connaissance de la théorie de Franfort, je peux maintenant dire que ces adaptations cinématographiques sont davantage conçues pour répondre aux attentes du public (américain, il va de soi), et dans le but d’aller chercher un plus grand nombre de spectateurs. Le résultat fonctionne, puisque pour la majorité de ces films, que ce soit The Golden Compass ou encore Harry Potter, le public délire et les critiques encore fidèles à eux-mêmes les argnent.
Mais une question m’est venue à l’esprit en écrivant cet article. La théorie de Franfort peut-elle s’appliquer à la littérature? Dans le cours, il a été davantage question de cinéma, de télévision et de journaux puisqu’ils ont été les principaux médias que nous avons étudié. Mais au delà de ça, pouvons nous appliquer la notion d’Adorno et d’Horkheimer à d’autres biens culturels et artistiques? Je n’ai pas la science infuse à ce sujet, mais je veux bien tenter des hypothèses.
Selon moi, la principale caractéristique qu’une oeuvre culturelle doit avoir pour que la théorie de Francfort lui soit appliquée, c’est qu’elle doit avoir une certaine popularité, et surtout, elle doit faire vendre. On écarte donc peintures, sculptures, et arts visuels en général. Mais pour la littérature, qui fait de nombreux best-sellers par année? Je crois qu’on peut la soumettre à la théorie, question de l’analyser à un autre niveau.
Donc, si les romans font vendre, est-ce parce que l’industrie culturelle joue sur leur contenu? Il est là le principal questionnement. Je crois que dans certains cas, il est faux de croire que l’auteur d’un roman écrit de manière à aller ratisser un public plus que large. Si on prend par exemple Dan Brown, l’auteur du Da Vinci Code, ses premiers romans sont infusés de son style propre à lui-même, de sa profession d’historien de l’art, ce qui crée des oeuvres tout de même authentiques. Toutefois, face à la popularité de ces romans, d’autres auteurs en viennent à créer des produits similaires pour devenir ainsi populaires, et ainsi, ils s’inscrivent à la notion de Francfort. On n’a qu’à penser aux nombreux livres qui décortiquent le Da Vinci Code ou qui sont écrits dans un style semblable, ou quelque chose d’encore plus flagrant, soit tous les romans mettant en scène des sorciers ou des sujets mystiques et qui ont suivi le succès d’Harry Potter.
Un autre style de roman qui fait vendre, c’est la biographie. Du moins, elle est rentable lorsque le sujet exploité est populaire : on peut alors croire que certains livres faits par exemple sur Céline Dion ou Georges W. Bush sont francfortiens, dans la mesure que les auteurs les conçoient principalement pour satisfaire une clientèle en manque de leur idole, ou voulant détester encore davantage leur président. Mais attention! Si Georges-Hébert Germain à écrit une brique sur Céline parce qu’il s’est vraiment intéressé à elle, peut-être ne fait-il pas partie de la théorie? Ou peut-être que oui? Humm, c’est mélangeant…
Je fini donc sur un “qu’en pensez-vous?”. Selon vous, la théorie de Francfort s’applique-t-elle à la littérature? Si un roman est populaire, est-ce parce qu’il a été conçu de la sorte? Si les intentions d’un auteur d’oeuvres à succès sont pures, celles de réalisateurs de blockbusters peuvent-elles l’être aussi? Le but du concepteur a-t-il vraiment un poids dans la balance, et si oui, comment pouvons-nous l’évaluer?
Le Prof, c’est dans un article du genre que tu devrais réagir! Donne à l’auteur de ces phrases la bonne direction pour sa pensée…
jül
P.S. Il y a des pages à écrire sur la théorie de Francfort, à savoir si elle s’applique ou non à un genre d’oeuvres. Si je me suis intéressé à la littérature, c’est qu’il en demeure d’autres types, tel la musique. Les albums aujourd’hui sont-ils davantage conçu pour plaire à un public? Le débat autour de cela est aussi intéressant. Si quelqu’un se cherche un “cue” pour finir son blogue en beauté, je lui offre l’idée sur un plateau d’argent.
Cette semaine, j’ai décidé de relever un défi : celui d’écrire un article traitant de politique et du Québec, en intégrant une idée relativement nouvelle, à travers un sujet hors du commun…Impossible me direz-vous?
Je comprends votre réticence, face au nombre restreints d’écrits du genre se retrouvant sur la toile ou dans les livres et journaux. Mais je me permets quand même d’essayer.
Arem arem…
Le 12 novembre dernier fut marqué par la sortie plus qu’attendue d’un classique du jeu vidéo, révisé pour une Xème fois par les concepteurs de Nintendo : Super Mario Galaxy. Un produit qui nous a promis encore davantage de jouabilité et de sensationnalisme que le jeu original n’a pu nous offrir jusqu’à maintenant, grâce à l’incroyable Wii, console qui fait autant jaser d’elle pour son aspect révolutionnaire que pour sa rareté sur le marché.
Si on a parlé de graphiques impressionnants, d’un étonnant gameplay et d’un bon jeu en ensemble, on a également quelque peu critiqué la traduction semi francophone semi québécoise faite de Super Mario Galaxy. En effet, le jeu semble proposer des dialogues entre ses personnages assez salés, combinant des termes tels « moé », « toé », « awaille », « arrive icitte », etc.
Pourquoi un doublage des jeux vidéo de Nintendo, alors que si je me rappelle bien, étant plus jeune, mes bonnes vieilles cartouches de Super NES ne se faisaient comprendre qu’en anglais? Il faut alors savoir qu’en septembre dernier, l’Office québécois de la langue française et l’industrie du jeu vidéo ont conclut un accord obligeant les fabricants de traduire tous les produits qui seront vendus au Québec en français, et cela, d’ici 2009. Une nouvelle qui devrait réjouir tous les gamers francophones de notre belle province. Toutefois, lorsqu’on tombe sur un jeu tel SuperMario Galaxy, on ne peut qu’être déçus.
Malgré ce que plusieurs journalistes et critiques ont pu dire sur le sujet, je ne crois pas que ce genre de langage dans les jeux vidéo peut faire diminuer la qualité du français chez les jeunes. Ce genre de divertissement ne demeure que du divertissement, et on se raconte des mensonges en vantant les propriétés éducatives des fameux jeux de Mario. La chose qui m’a plutôt fait grincer des dents (et c’est là que j’en arrive avec mon histoire de politique) est que contrairement à ce que l’on pourrait croire, la traduction de Super Mario Galaxy n’a pas été faite ici, au Québec, mais plutôt dans des studios de Nintendo à Seattle, aux États-Unis. Le choix du langage en tant que tel peut être facilement attribuable à des gens de chez nous, mais comme ce n’est pas le cas, cela signifie qu’on peut trouver un tout autre sens à l’utilisation du joual dans le jeu.
Pourquoi une équipe d’Américains a-t-elle décidé de faire parler Mario et ses joyeux amis dans un langage québécois grossièrement interprété? Est-ce une bavure politique de la part de nos voisins? Un moyen de nous montrer comment notre sale accent réussit à nous ridiculiser sur la scène internationale? Ou cela ne peut-il être plutôt qu’une autre stratégie commerciale de la part de Nintendo? Les hypothèses s’avèrent aussi nombreuses que crédibles, mais nulle part dans les médias se retrouve la réponse. Ile ne reste plus qu’à faire quelque chose de très amusant, soit de spéculer.
Oui, spéculer. Et si c’était vrai qu’on se fout complètement de notre gueule en nous ridiculisant à travers un jeu vidéo, et que nous, insouciants et innocents que nous sommes, nous contribuons au processus en continuant d’acheter le produit? Et si c’était plausible qu’on ait trouvé un nouveau moyen de descendre le Québec à travers ses frontières, et ce de manière encore plus déprimante puisque c’est fait chez une clientèle encore très jeune? Et si on passait pour des cons, encore une fois?
Ou bien, cela peut demeurer une astuce publicitaire pour acquérir encore davantage de marchés. Il n’y a aucune réponse connue, donc on ne peut écarter cette option. Mais pour une industrie plus que florissante, qui tire 25% de ses profits canadiens seulement au Québec, Nintendo a-t-il vraiment besoin d’un tel moyen pour faire vendre ses jeux? Toutes les questions précédentes sont à se poser.
Le produit est là, et on ne peut le nier, ainsi que les conséquences qu’il apporte. Au-delà du point de vue éducatif, l’impact social du joual dans Super Mario Galaxy est important. On identifie le produit à ses consommateurs, mais d’une manière qui ne fait que les ridiculiser. Ainsi, si le jeu est exporté, les effets ne font que se répandre ailleurs, et le Québec a l’air encore une fois d’un con.
Pouvons nous dire que la faute est sur nous, Québécois et Québécoises, nous qui avons un jargon familier très prononcé? Je ne crois pas, puisqu’entre les expressions de chez nous et celles qui se retrouvent dans Super Mario Galaxy, il y a un fossé considérable. Certaines répliques du jeu ne collent pas, où sont simplement non-comprenables. Toutefois, c’est à se demander comment une multinationale comme Nintendo réussit-elle à ridiculiser un marché et à faire passer son produit quand même. Comment faisons-nous pour laisser rire de nous et en redemander?
Pour conclure, l’attaque de Nintendo contre la culture québécoise semble être bien commencée puisqu’il ne s’agirait pas du seul jeu de la compagnie à avoir été mal traduit au cours de la dernière année. Cela demeure quand même un problème localisé, puisque dans tous les autres jeux vidéo traduits, tout semble être normal. On doit dire que ces derniers sont quand même tous retravaillés, ici, au Québec. Espérons que notre société réagira assez fort pour que le vent change de coté, et pour que l’on puisse retrouver notre compagnon Mario avec un langage un peu plus soigné.
Après plusieurs critiques cinématographiques, j’ai décidé de revenir un peu au second mandat de mon blogue, soit d’argumenter sur des sujets d’actualité. Car en effet, il y a quelques semaines, je suis tombé par hasard sur un article Internet intitulé Les 10 plus gros mensonges sur le sida. Cette page résume en fait un livre du même nom, écrit par les docteurs Étienne de Harven et Jean-Claude Roussez.
Sur le site web, on découvre que l’ouvrage des deux Français dépeint totalement notre connaissance actuelle sur la maladie. Ils nous révélent les vraies principales causes de la maladie, la nature du VIH, l’inutilité des médicaments qu’on emploie pour la prévenir, etc. On nous convainc que, pour des raisons psychologiques, les sidéens ne devraient pas être mis au courant qu’ils sont atteints. Puis en conclusion, on nous incite à penser que tout ce qui se dit sur le virus d’immunodéficience est en fait un mensonge basé sur la peur de la population, puis on nous propose une liste exhaustive de médecins et professionels du domaine de la santé qui appuient le contenu de ce livre.
Sincérement, c’est quand même très impressionnant de voir tout ce que l’article nous dit. En plus, à la fin, on indique des liens vers d’autres sites sur la polémique séropositive, qui même eux, nous envoient encore plus loin sur la toile. Il est donc incroyable de constater comment la controverse à propos du sida est importante sur Internet, et d’observer le nombre de pages qui en parlent.
Mais plusieurs questions fondamentales se posent sur tout ce bourrage de crâne : sur quoi pouvons nous baser la valeur d’un tel livre? Comment peut-on considérer que les informations transmises sont nécessairement vraies? Voici un deuxième exemple un peu mieux connu de ce que j’essaie d’avancer :
Publié dans les alentours de l’année 2003, le Da Vinci Code est probablement devenu l’un des plus grands best-sellers jamais connus dans l’histoire de la littérature. Encore plus immense que The Secret de Rhonda Byrne, ou encore que le dernier ouvrage de Jeanette Bertrand… On en a même fait un blockbuster incroyable en 2006. Pour les 0.3 lecteurs de mon blogue qui n’auraient pas lu le Da Vinci Code, bien ce roman tire sa popularité du fait qu’on y contredit quasi-entièrement toute l’linculcation qui nous a été faite sur la religion catholique : le vrai Jésus, le fait qu’il ait eu une femme, etc. Et ce qui fait qu’on y croit, c’est que toutes ces informations sont ficelées de manière à ce que le lecteur n’y voit que du feu.
La controverse faite autour du Da Vinci Code fut immense et universelle. Le nombre de croyants partout dans le monde à quelque peu chuté, alors que les athés, eux, avaient de quoi se réjouir. La plupart des gens ce sont mis à croire ce que Brown racontait dans son livre. Même à Rouyn, il m’est déjà arrivé d’entendre des discussions du genre “C’est fou comment on se fait bullshiter par la Bible pis le Vatican”. Le catholicisme est devenu un peu sans dessus dessous.
Mais comment peut-on réussir à nous faire croire des choses s’opposant totalement à nos valeurs quotidiennes? C’est quoi le truc, haha!?
Dan Brown est historien et dramaturge. Il a étudié d’un côté les faits, et de l’autre, comment manipuler ceux-ci dans un contexte fictif. Donc même s’il nous affirme dans la préface du Da Vinci Code que tous les faits, lieux et descriptions qu’il engendre sont véridiques, il n’en est pas moins que le contexte dramatique réussit à les mélanger, et à nous mélanger nous aussi.
C’est la même chose pour Étienne de Harven et Jean-Claude Roussez. Ils sont tous deux docteurs en médecine, et savent donc plusieurs choses à propos de leur domaine et de leurs compétences. Leurs connaissances et leur notoriété leurs permettent de raconter n’importe quoi et d’être crus par la population.
La différence pour Les 10 plus gros mensonges sur le sida, c’est qu’il s’agit d’un essai, comparable à un ouvrage scientifique, alors que le Da Vinci Code, lui, demeure avec le titre de roman de fiction. Donc si Dan Brown ne peut se considérer comme référence sérieuse dans son livre, les deux docteurs, eux, le peuvent. Et c’est là que survient un sérieux problème éthique : si n’importe qui ayant une certaine notoriété se met à publier n’importe quelles sotises, comment pourrons nous différencier le vrai du faux? Qui / quoi devrons-nous croire?
Heureusement, certaines pistes peuvent nous éclairer sur ce qui est susceptible d’être vrai et ce qu’il ne l’est pas. Dans le résumé sur le livre d’Étienne de Harven et Jean-Claude Roussez, on peut voir qu’ils contredisent souvent ce que d’autres médecins affirment dans leurs études. Généralement, les ouvrages fiables intégrent des faits nouveaux sans critiquer ceux des autres. Aussi, le langage employé dans Les 10 plus gros mensonges sur le sida est assez spécialisé : seuls des gens du domaine médical, ou des individus très renseignés sur le sujet réussiront à comprendre tout le contenu du livre. Donc lorsqu’une publication est destinée au grand public, le jargon employé doit être en conséquence. Dans ce cas là, il ne l’est pas…
Même avec ces indices, il est quand même très difficile de juger du vrai et du non-vrai. Reste alors notre jugement critique, cette particuliarité que nous avons tous, mais que certains gens essaient tant bien que mal de nous faire oublier…
Un jour, je l’espère, je deviendrai docteur en cinéma. Et je serai en mesure d’écrire un ouvrage convaincant sur les vérités cachées dans les films, comme Charlie Chaplin qui incite subtilement les jeunes américains à s’addonner au fétichisme, la série de la Guerre des Étoiles qui montre une réalité probable de ce que représentera le monde dans 40 ans, etc. Allez-vous me croire? J’espère que oui…
Voici ma critique de 4 luni, 3 saptamini si 2 zile de Cristian Mungiu, LE film que nous devions absolument voir selon le vénérable Prof, et que j’ai donc visionné. Je vous ai trouvé une petite bande annonce du film sur Internet, un résumé qui, tant qu’à moi, dépeint atrocement l’ambiance ressentie par l’oeuvre de Mungiu, mais qui quand même, vous en montre quelques images importantes.
“Otilia et Gabita sont étudiantes. Elles habitent ensemble dans une résidence universitaire à Bucarest. Gabita est enceinte. Dans l’après-midi, les deux jeunes filles ont rendez-vous avec un certain M. Bebe qui doit avorter secrètement Gabita dans un hôtel. Ce dernier refuse l’argent rassemblé par les deux jeunes filles. Il demande à être payé en nature…” (FCIAT, 2007)
Les organisateurs du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue nous présentent à chaque édition (ou du moins, ils tentent de le faire) une oeuvre primée par le Festival de Cannes de l’année en cours et/ou d’autres films qui y ont été présentés. Ayant été moi-même spectateur de ces films au cours des trois-quatre dernières années, je peux dire que c’était les projectiens que je détestait le plus : des oeuvres endormantes, lourdes, dures et sans intérêt. Je me rappelle nottament de L’enfant des frères Dardenne, présenté il y a deux ans : un film qui m’a paru emmerdant et dépourvu de contenu, dans les trente minutes que j’ai pu voir avant de sortir de la salle.
Et puis je me rend compte d’années en années que mon savoir et ma culture cinématographique s’élargit de plus en plus, et que je me met a vraiment apprécier ce genre de film. Il y a deux ans, 4 luni, 3 saptamini si 2 zile m’aurait probablement paru comme un véritable suplice : aujourd’hui, je considère cette oeuvre comme un vrai bijou du cinéma européen.
4 luni, 3 saptamini si 2 zile est un film dur. Très dur. Et c’est cette sensation universelle qui passe à travers tous les aspects de l’oeuvre. Tout d’abord, elle s’insère dans le sujet de l’avortement, pratique interdite depuis 1966 en Roumanie. Malgré cela, Gabita, enceinte (de 4 mois, 3 semaines et 2 jours), va tenter à tout prix de se faire enlever son bébé. Déjà à ce stade, le drame se fait sentir. Elle demande à sa copine Otilia de lui venir en aide, mais celle-ci ne sait pas encore jusqu’où elle devra aller pour soutenir son amie. En effet, Monsieur Bebe, celui qui procédera à l’avortement, exigera de se faire payer en nature pour la tâche. Et Otilia, face à aucun autre choix, s’obligera à le faire…
On peut voir que dans un scénario qui parait quand même assez simple, l’intensité dramatique de l’intrigue se fait ressentir d’une manière très forte. L’histoire attaque littéralement le spectateur et elle le fait frémir. Mais comme dans la majorité des autres films, elle s’appuie sur d’autres éléments pour arriver à son but. Toute la forme de 4 luni, 3 saptamini si 2 zile se caractérise aussi par la dureté. Les plans sont longs, fixes et lents (on démontre beaucoup le pouvoir du plan séquence), avec une teinte de l’image tirant beaucoup sur le bleu-gris, des nuances sombres et caractéristiques de ce qu’on nous représente habituellement comme étabt l’Europe de l’Est. Il n’y a pas de sons touffus, de climat sonore superficiel et il n’y a même pas de musique. Ce qu’on voit est simple, neutre et vide. Avec tout autre sujet, le film de Mungiu conserverait tout de même avec sa forme une ambiance grave et hostile.
On sent une certaine critique dans 4 luni, 3 saptamini si 2 zile : non pas seulement dans le sujet de l’avortement interdit, mais plutôt dans toute la société roumaine influencée par un régime politique tyrannique. La peur, l’affrontement et l’omniprésence de l’autorité y est montrée sous plusieurs de ses angles. La solitude, le repli sur soi, l’exclusion et la tension relationnelle sont également des sujets que l’on peut percevoir dans le film de Mungiu. On se sent littéralement dans un pays dirigé sous la dictature, le contrôle de tous et chacun par l’autorité crainte de tous. Une société presque irréelle, comparable à celle qu’on peut voir dans V for Vendetta des frères Wachowski…
4 luni, 3 saptamini si 2 zile est le deuxième long métrage du réalisateur et scénariste Cristian Mungiu. Malgré qu’il ait facilement sauté de la comédie au drame, ce cinéaste continue de transmettre la cause sociale ardue de la Roumanie dans ses oeuvres. Son style et l’esthétique qu’il propose sont directement liées au cinéma européen, et sont même dignes d’en être des exemples.
Je confirme définitivement les dires du Prof : ce film est un must see, une oeuvre à voir dans le cinéma de ce genre. Idéal pour plaire aux cinéphiles avisés, et pour endormir les moins cultivés, parmi lesquels je faisais probablement partie il y a trois-quatre ans…
jül
4 luni, 3 saptamini si 2 zile (V.F. 4 mois, 3 semaines et 2 jours). Roumanie, 2007. Un film de Cristian Mungiu avec Anamaria Marinca, Vlad Ivanov, Laura Vasiliu et Alexandra Potoceanu. Durée : 113 minutes.
Au cours de la dernière semaine s’est déroulé le “flabergasté” Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, 26ieme édition (à ne surtout pas désigner par Festival du film de l’Abitibi, Festival international du film… selon les organisateurs, un nom de 10 pieds de long, ça se respecte!). A quelque part pendant l’événement, une journaliste m’a arrêté pour me demander ce qu’était le Festival pour moi? Pressé par le temps, j’ai répondu quelques mots clichés pour m’en débarrasser le plus rapidement possible…
“Le Festival… hum… c’est beau! C’est grand, il y a plein de monde! Hum… j’aime ça!”
Pour ceux qui voudraient savoir la vraie réponse à cette question… Eh bien, pour moi, le FCIAT, c’est une course. Un marathon contre mes travaux, mon boulot, l’école, ma vie… et avant tout contre la montre. Ce sont 6 jours, 144 heures, consacrées de la façon suivante :
60 heures de boulot (au Festival, évidemment!);
26 heures d’assistance aux nombreux blocs (Espace vidéo inclut);
15 heures de travaux et d’école (incluant le super film qu’on s’est tapé pendant le week-end);
12 heures (soit 2 heures environ par jour), pour me déplacer de la maison au boulot et à la maison, me nourrir, me laver, me changer, me divertir, entretenir une vie sociale…;
Puis 31 heures pour dormir, ou enfin, essayer de dormir… (ce qui, en faisant une simple division, donne 5 heures et quelques poussières de sommeil par nuit, contre une moyenne de 8 heures dans une vie “normale”)…
Bien sûr, j’ai l’air de me plaindre. Dans le fond, j’ai toujours l’air de me plaindre, haha! Mais finalement, c’est un “rush” d’une semaine vraiment intense, en présence constante de gens super intéressants et d’une atmosphère culturellement décapante qui ne me fait regretter aucunement ma condition. Des semaines comme ça, je serais en mesure de m’en taper une fois sur deux dans l’année s’il le faudrait!
Mais bon, fermons ce chapitre de mon journal intime et allons-y direct avec les films. Car encore cette année, le Festival nous a présenté une brochette bien garnie de plusieurs dizaines de longs, moyens et courts métrages, comprenant des œuvres de fiction, des documentaires et des films d’animations. Si on a un peu critiqué le manque de films internationaux durant cette édition, il n’en est pas moins que les organisateurs ont choisis plus d’œuvres de gens de la région qu’à l’habitude, ainsi que davantage de films de la relève.
“Après notre 25ieme anniversaire, on voulait continuer avec quelque chose de nouveau. La programmation de cette 26ieme édition à vraiment correspondu à nos attentes.”. Ces mots de Guy Parent, un des trois membres fondateurs du FCIAT, témoignent du succès qu’à quand même eu cette année le Festival malgré des films différents aux années antérieures. Ces films différents, ce sont en majeure partie des premières œuvres de jeunes réalisateurs, des documentaires tournés en région, des courts métrages de futurs grands cinéastes…
Dans les cinq blocs du Festival auxquels j’ai assisté, je n’ai pu qu’assister à un des documentaires réalisés ici, celui fait sur le début de la carrière de notre rappeur Anodajay. Une première réalisation quand même très bien, avec un bon scénario, certaines séquences poignantes, et quelques lacunes minimes. Mon sale cours de philo m’a empêché de voir Sortir du trou, LE film que je voulais absolument voir pendant le Festival, un documentaire sur la vie de Réal V. Benoît réalisé par Martin Guérin, un prof de ciné super que j’ai eu au cégep, et également un film dans lequel j’ai participé, sans avoir vu la moindre image, haha… Les critiques dont j’ai pu entendre se sont avérées équivoques, comme quoi cela a été un des films à voir pendant le Festival, un premier long métrage incroyable, et que je n’ai pas vu….
J’ai vu également avec mon nouveau plus meilleur ami Orion plusieurs courts métrages de jeunes réalisateurs universitaires comme nous. Des œuvres dont certaines étaient très bien, intelligentes et inspirantes pour nos prochaines créations. À la fin de chaque film, nous nous concertions sur ceux-ci. Orion avait l’habitude de dire quelque chose du genre “Bahh c’est de la petite bière, l’an prochain, c’est nous qui présentons ici…”. Et moi, avec mon pessimisme indéniable, c’était plutôt “Notre scénario est de la merde, va falloir développer de quoi de génial pour se retrouver en avant de tout le monde mon vieux.”. La suite, l’an prochain, au FCIAT 2008…Haha!
Au niveau des longs métrages, ce sont ceux venant du Québec qui m’ont davantage plu (il faut dire que ce sont quand mêmes eux que j’ai vu en plus grand nombre…). Il y a eu le premier grand film de Stéphane Lafleur, Continental, un film sans fusil : un véritable bijou pour une première œuvre, sincèrement ma plus belle découverte du Festival. Il y a eu également La Capture de Carole Laure, un très bon film d’une cinéaste dont je n’avais encore jamais vu d’œuvre, puis La belle empoisonneuse, premier long métrage de Richard Jutra. Et en clôture, L’Âge des ténèbres de Denys Arcand… mais bon, je ne veux pas trop m’étendre sur ces films puisqu’ils seront l’objet de mon prochain article.
Pour conclure le Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue (ouf!), quatre films ont été primés par le public et deux jurys distincts. Et comme à chaque année, ce sont quatre œuvres que je n’ai pu voir pendant le Festival. Mais bon, malgré le fait qu’il y ait des gagnants, on ne peut pas vraiment considérer qu’il y ait des perdants, puisque la majorité des autres films en lice ont été probablement aussi bon, sinon meilleurs que ceux qui ont remporté les honneurs (si au moins je les avais vus…).
Et de mon côté, pour en finir avec cet article, je veux saluer tous les passionnés du Festival, ceux qui s’impliquent dans cet événement culturel, ainsi que dans tous les autres, que ce soit en y travaillant, comme moi, et/ou en y assistant, comme les 22 000 cinéphiles qui ont vu des bouts de ce que le FCIAT nous a présenté cet année. Je salue tout particulièrement les étudiants en multimédia qui y ont assisté, Orion, Robine25, les M2, Le Prof et aussi tous les autres “Le Prof” qui nous enseignent ici à l’université… C’est vrai qu’il y a quand même une certaine importance à apprendre une profession artistique à l’école, mais je considère qu’il est tout aussi important, sinon plus, de baigner dans le milieu, d’assister à des événements et de rencontrer des gens pour avancer dans ce qui nous intéresse. Malheureusement, il y a peut-être trop de M qui ne l’ont pas encore compris…
Sur ce, salutations bande de “blogolecteurs”!
Ahh et j’oubliais :
À SUIVRE…
jül
Pour consulter la programmation de la 26ieme édition du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, ainsi que le compte-rendu 2007, les gagnants et tout le tralala, cliquez ici.
Pour commencer, je vous invite à déclencher l’écoute du vidéo suivant pendant la lecture de ce billet: Playground love du groupe Air, la magnifique chanson thème du film The Virgin Suicides de Sofia Coppola que j’ai écouté récemment, ou plutôt, réécouté…
“Un quartier calme, des maisons sans histoires, une vie bourgeoise apparemment douce et parfaite dans une ville du Michigan, au coeur de l’Amérique puritaine des années 1970. Cecilia Lisbon, cadette d’une fratrie qui compte cinq filles également blondes et belles, se suicide.
Ses sœurs en mal de vivre, soumises à l’autorité possessive d’une mère qui finira par les enfermer dans la demeure familiale, sont épiées jour et nuit par un groupe de quatre garçons, amoureux éperdus, qui tentent par tous les moyens de leur venir en aide, d’empêcher une série de suicides annoncés…” (Wikipedia, 2007)
Près de huit ans après sa sortie, The Virgin Suicides, premier long métrage réalisé par la cinéaste Sofia Coppola, est tombé dans le bac à rediffusions que TQS nous présente tard à tous les soirs (au lieu de son traditionnel Bleu Nuit qui semble s’être éclipsé pour des raisons dont je n’ai vraiment pas envie de discuter dans cet article, haha!). C’est à cette chaîne que samedi soir dernier j’ai pu revoir un film qui m’avait déjà hypnotisé à ses débuts, lorsque j’avais à peine 12 ans, et qui encore aujourd’hui, m’a remémoré plusieurs souvenirs de jeunesse, ainsi que du très bon cinéma.
“Love Sex Passion Fear Obsession”. The Virgin Suicides semble proposer plusieurs thématiques, plusieurs sujets à travers une histoire tragique: ce “tagline” nous en propose une belle panoplie. L’AMOUR, c’est celui de Lux envers Trip Fontaine, des jeunes voisins pour les quatres autres soeurs Lisbon …, c’est ce grand sentiment que les adolescents en quête d’identité, que ce soit en 1970 ou aujourd’hui, vivent avec une telle intensité, d’une manière qu’ils ne ressentiront jamais plus tard. Le SEXE, c’est le grand flot hormonal que créent justement ces cinq frangines blondes et sensuelles aux jeunes pubaires qui les côtoient. La PASSION se mêle avec l’amour qui vient tout juste d’être décrit. La PEUR, c’est celle que ressentait Cecilia juste avant de mourir, la crainte du monde extérieur, de la destruction de tout ce que l’on aime. Puis il y a l’OBSESSION des garçons de la maison d’en face, envers ces créatures divines, ces cinq déesses qui, même après leur mort, ne pourront jamais être oubliées…
J’y vais peut-être d’une manière trop poétique, mais plus clairement, The Virgin Suicides nous transporte dans l’univers intérieur des adolescents, et particulièrement des adolescentes. Il n’est pas curieux de constater que les soeurs Lisbon soient âgées de 13, 14, 15, 16 et 17 ans, et que chacune d’entre elles ressentent leur propre situation, leur mal de vivre. On décrit davantage celui de Lux, 14 ans, car justement, c’est elle la plus jeune et la plus frivole. Elle dégage vraiment l’intensité, la passion de tout ce qui l’entoure, le sentiment que les fillettes de cet âge finissent toutes un jour ou l’autre par vivre. Cette crise, elles la vivent toutes dans ce milieu bourgeois dans lequel elles habitent, et dans la confrontation qu’elles ont avec leur mère, un personnage inconciamment sadique, qui, avec une surprotection telle que je n’ai jamais vu, causera leur perte. On critique beaucoup dans le film cette phase de la vie, mais un peu aussi le système dans lequel on est plongé, un cercle de mondanités où les vraies valeurs et émotions de ces jeunes sont brimées par le paraître, et l’incompréhension la plus totale.
On ne peut peut-être pas s’empêcher d’avoir un certain préjugé lorsqu’on écoute ce film pour la première fois. En effet, certains ont probablement perçu The Virgin Suicides à sa sortie comme un caprice, une création fade de Sofia Coppola. Lorsqu’on est la fille du grand Francis Ford Coppola et que l’on a passé par plusieurs sphères de la production cinématographique (pour ceux qui l’ignorent, elle a été d’abord reconnue comme actrice, puis scénariste, et enfin, réalisatrice), on peut ne pas s’attendre à grand chose pour un premier film. Toutefois, on perd rapidement ces réflexions en l’écoutant. Sofia Coppola à su prendre le roman de Jeffrey Eugenides et le transposer à sa manière, ce qui fait que certaines personnes ont encore mieux apprécier sa version que celle de l’écrivain. Coppola ne se démarque pas seulement dans ce qu’elle à merveilleusement créé, ou plutôt adapté, mais elle nous épate aussi avec la manière dont elle l’a fait, avec tout le côté technique du film. Ses images sont impressionnées d’une teinte parfois jaunâtre, d’autre fois plus verte, qui transmet vraiment la lourdeur, et même le dégoût de la situation. Les plans sont variés, et sortent tout droit de cet aspect de grandiosité des productions américaines.
Et la musique, ahhh! Ce n’est pas pour rien que je vous ai fait écouter en début de cet article Playground love, la chanson thème du film. The Virgin Suicides se démarque par sa trame sonore riche. Il ne le fait pas comme C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée à pu le faire avec un répertoire impressionnant, mais plutôt avec des rythmes et ballades qui nous rappellent vraiment les sonorités des années 1970, et qui nous restent naturellement dans la tête pendant un bon bout.
Sofia Coppola à réalisé jusqu’à aujourd’hui trois grandes oeuvres, dont sa dernière, Marie-Antoinette, avec laquelle elle à pu se promener sur la Croisette, et aussi Lost in translation, son deuxième film qui lui a valu une multitude de nominations et de prix, dont un Oscar. C’est une cinéaste destinée à devenir un monument, comme son père l’est devenu. Et ses films, tel The Virgin Suicides, resteront des parties de ce monument à voir absolument.
The Virgin Suicides… “Beautiful, mysterious, haunting, invariably fatal. Just like life.”
jül
The Virgin Suicides (VF Cri ultime). États-Unis, 1999. Un film de Sofia Coppola avec Kirsten Dunst, James Wood, Kathleen Turner et Josh Hartnett. Durée : 97 minutes
2. Ceci n’est pas vraiment un commentaire sur l’actualité, ou un article manifestant une réflexion. Ce n’est seulement qu’un billet complémentaire à mon premier article;
3. C’est la deuxième et la dernière fois que je parle de Britney Spears. Je n’abuserai pas de votre patience et de votre indulgence plus longtemps qu’ici.
Bon…
Un merci bien humble au Prof de m’avoir fait pénétrer au Panthéon des Articles de la semaine, une nouvelle initiative à son blogue. Un bel honneur face aux crampes de doigts qui m’ont été exercées à la fin de son écriture. Merci Le Prof, et bonne chance dans la correction de tous et toutes…
Lorsque j’ai parlé de Britney et de son “pétage de gueule” en classe, Le Prof nous avait justement mentionné qu’il avait vu sur la toile le vidéo d’un passionné défendant la prestation de son idole, un petit film assez inusité qui méritait la peine d’être visionné. Disons que je n’ai pas eu vraiment à le chercher, car Chris Crocker (le nom du vidéaste en question), est devenu au cours des derniers jours aussi populaire que la diva du pop, même sinon plus, grâce à son vidéo. Pour ceux qui ne l’ont pas (encore) vu, le voici le voilà. Lumière!
Bon. Comme je l’ai dit en introduction, je ne commenterai pas vraiment ce que vous venez de voir. C’était seulement un petit retour, un article pour clore le sujet. Par contre, je peux vous affirmer que ce vidéo m’a fait “rire en sale!!!”, et que je continue à m’esclaffer à chaque fois que je le revois.
J’ai gagné, j’ai gagné! Bon, sincérement, j’ai n’ai pas remporté quelque chose de super incroyable, plutôt la “chance” de me planter en premier dans la présentation d’un événement ayant marqué l’actualité cette semaine. Il faut dire que des nouvelles qui ont fait l’actualité, il y en a eu quand même un lot. On a beaucoup parlé du sixième anniversaire des événements du 11 septembre; autre anniversaire d’un événement tragique, celui des assassinats au Collège Dawson le 12 septembre; on s’est aussi fait rabattre les oreilles avec la merveilleuse commission Bouchard-Taylor sur les accomodements raisonnables… Bon, jusque là, j’aurais des pages et des pages à écrire.
Pourtant, depuis le début de semaine, il y a une idée qui a trottait dans ma tête: un concept d’exposé banal, assez nul et qui aurait dû disparaître face aux événements plus importants qui ont pris d’assault l’actualité ces derniers jours; malheureusement, il n’a que pris de l’ampleur et s’est dévellopé encore davantage. Et malheureusement pour vous, c’est ce dont je vais vous parler cette semaine.
Bon, Britney Spears s’est plantée aux plus récents MTV MVA qui se sont tenus à Las Vegas le week-end dernier. Je vous apprend probablement rien en vous disant ça, puisque c’est vraiment la nouvelle qui attaqué le plus l’internet, les chaînes de musique et les radios lundi dernier. Mais vu que ce sont des informations commentées que je dois faire, je n’ai aucun choix que de vous en parler quand même.
Avant de continuer à lire, je vous conseille de regarder la “merveilleuse” prestation de Spears en cliquant ici. C’est un lien vers le site de MTV Canada. J’aurais préféré vous mettre une copie de format YouTube en bas de page, mais le vidéo a tellement été populaire et controversé qu’une certaine Viacom Corporation, compagnie détentrice de la chaîne MTV aux États-Unis, a pris contrôle de toutes les copies “potables” accessibles sur Internet. À croire que même la liberté de diffuser ce qu’on veut sur le Web se paye…
Vous venez d’écouter le vidéo? Très bien. En gros, pour ceux qui n’auraient rien vu de mauvais dans la prestation de Spears, voici quelques éléments dont on a beaucoup parlé:
C’est la première prestation qu’à fait Spears depuis…hum…sa rupture avec Kevin Federline, ses deux accouchements, sa “descente en enfer”, etc.;
Plusieurs artistes font du “lipsync” en spectacle. Jamais cela n’a été aussi flagrant que dans cette prestation, surtout pour une présentation qui a été vue par des millions de spectateurs via la télé et jsais Internet;
Britney n’a pas l’air très bien sur scène. Ses gestes sont assez saccadés, dépeignent avec le reste des danseurs. Elle à l’air très faible : elle ne semble pas très “clean”…;
Comme on l’a dit, elle ressort de deux grossesses consécutives. Dans ce cas là, elle aurait dû mettre une tenue cachant ses courbes. Dans ce qu’on peut voir, ce n’est pas du tout le cas. Les gens ont trouvé qu’elle avait l’air d’une “petite grosse”. Mais encore ici, c’est bien relatif…;
Etc.
Bon. Maintenant que vous croyez que je suis un “potineux” qui suit les revues à tabloïdes, je vais tenter de vous briser cette impression en apportant le côté plus sérieux à ma nouvelle.
Il y a probablement plusieurs endroits où vous avez pu entendre cette “nouvelle” lundi dernier. Dans mon cas, je l’ai vu la première fois sur un site du style msn.ca sur Internet. Mais je n’y ai pas vraiment porté attention. Ensuite, on m’en a parlé comme ça, à l’école. Mais puisque ce n’est pas un sujet qui m’intéresse beaucoup, je n’ai par cherché à en savoir plus.
Finalement, c’est à la télé l’info m’à accroché. J’étais au bureau, vers 16 heures. On en parlait à LCN, en sujet principal, dans une entrevue donnée sur le sujet avec Michel Gerrouard, le “Dieu des tabloïdes et potins” québécois. Si vous voulez vous mettre à jour dans la suite de ce que je vais dire, vous pouvez voir l’entrevue en cliquant ici.
Comme vous pouvez voir en regardant l’entrevue, LCN n’a pas simplement donné la “nouvelle” : il nous l’a offert en intégrale sur les ondes pendant toute la journée, avec cette “décortiquation” du cassage de gueule de Spears de manière plus ou moins intéressante. Mais la question que je me pose est la suivante : qu’est-ce qui fait que ce genre de tabloïde, de fausse nouvelle artistique, devient une nouvelle d’actualité en soi? Qu’est-ce qui en fait un ”topo” qui va intéresser les habitués de LCN, qui doivent donc être en quête de vraies actualités, et non pas de celles bidons de ce genre?
C’est en s’arrêtant et en observant des trucs du genre qu’on peut se rendre compte comment certains canaux spécialisés ne savent plus de quelle manière bourrer leur programmation, et cela, tout en essayant de demeurer dans leur thématique principale. Si on regarde du côté de RDI, la chaîne d’informations publique de Radio-Canada, on évite d’aller dans ce genre de “nouvelle” superflue. On assume le fait qu’il est assez difficile d’offrir une programmation d’informations 24 heures sur 24 en ajoutant des émissions et des programmes ayant un lien avec leur sujet. On offre aux gens ce qu’ils veulent de manières différentes, au lieu de leur donner quelque chose qu’ils ne veulent justement pas. Les téléspectateurs de RDI ne veulent pas entendre parler des dernières fresques de Britney Spears, et il n’en entendent justement pas parler sur RDI. Je ne crois pas que les spectateurs de LCN veulent davantange en entendre parler…malheureusement, ce n’est pas la même situation qui s’y déroule.
Ce que je suis en train de constater, c’est que LCN est en train de s’éloigner à grands pas de son mandat principal, soit de nous transmettre de l’information PERTINENTE. Avons-nous entendu parler des gagnants des VMA? Non. Et les autres performances de la soirées, des spectacles probablement meilleurs que celui de Spears? Non plus. On a vraiment créé une nouvelle en nous parlant en long et en large d’un sujet dont presque tout le monde aurait pu se passer.
Et malheureusement, c’est une technique qu’on utilise trop fréquemment à LCN. Faisons une rétrospective de la semaine qui vient de se passer, soit de lundi à jeudi. Lundi, on a eu droit à une décharge massive de Britney Spears : ça, je viens de prendre quelques 1000 mots pour vous en parler. Mardi, commémoration des attentats du 9/11. Mercredi, le tour au Collège Dawson. Mais jeudi? Que s’est-il passé de majeur jeudi? À RDI, on a beaucoup parlé de la commission Bouchard-Taylor sur les accomodements raisonnables. Mais à LCN, puisque c’est un sujet touchant un peu trop à la fonction publique, on a cherché à trouver autre chose ailleurs. C’est alors que la veille au soir, à TVA (chaîne mère-soeur de LCN), on a diffusé un reportage sur la fécondition in-vitro, et on y a appris la non-participation financière du gouvernement pour ce genre d’opération. Donc, LCN à pris ce sujet pour en faire sa nouvelle du jeudi 13 septembre. Au lieu d’avoir un peu de commission sur les accomodements raisonnables, ou d’autres sujets qui ont pris l’actualité en cette journée, on a parlé du “drame” décrit la veille dans le documentaire; on a rejoint le Ministre de la Santé pour l’avoir en entrevue et la passer pendant toute la journée; on en a parlé en long et en large à l’émission du matin, du midi, et du soir. On a littéralement créé LA nouvelle! Vous voyez probablement maintenant où je veux en venir.
Conclusion (vaut mieux m’arrêter là, j’ai les doigts en feu) : Les chaînes spécialisées en information se forcent jour après jour pour avoir un contenu large et susceptible d’intéresser ses téléspectateurs. Du moins, c’est le cas pour RDI (désolé, mais ma culture générale en chaînes d’information s’arrête seulement là). Tandis qu’à LCN, on transmet l’actualité, certes, mais trop souvent, on essaie de l’arranger pour essayer d’intéresser davantage le téléspectateur. Mais est-ce que cela nous intéresse, nous, les téléspectateurs? Veut-on vraiment avoir cela dans notre chaîne d’informations? Eh bien, j’ai hâte de lire vos commentaires là dessus.
Si vous vous êtes rendus jusqu’ici, c’est que vous avez lu mon article au complet. Bravo! Je n’aurais probablement moi-même pas réussi. Je vous promet quelque chose de moitié moins long la prochaine fois. Si prochaine fois il y a. Mais prochaine fois il devrait y avoir. Merci. Bonsoir.